Midi à quatorze heures by Alphonse Karr

(5 User reviews)   4953
By Ava Marino Posted on Dec 26, 2025
In Category - Geographic History
Karr, Alphonse, 1808-1890 Karr, Alphonse, 1808-1890
French
Okay, picture this: a high-society woman in 19th-century Paris gets a letter that turns her world upside down. It says she must be at a very specific place—the Palais-Royal—at exactly 2 p.m. the next day. But it doesn't say why. Is it a romantic rendezvous? A cruel joke? Or something much more dangerous? Alphonse Karr's 'Midi à quatorze heures' is a short, sharp dose of suspense that's all about the agony of waiting and the wild stories we tell ourselves. It’s less about the destination and all about the delicious, nerve-wracking journey. If you've ever anxiously checked your phone for a text, you'll get it.
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était fortement hâlé par l’air de la mer; ses cheveux étaient bruns. Malgré la simplicité de ses vêtements, il avait un air de distinction qui frappait dès le premier instant, et que l’examen rendait plus évident encore. Il avait les mains et les doigts effilés; quand sa veste de grosse laine brune s’entr’ouvrait, on voyait une chemise de fine toile plissée avec soin. Il ne tarda pas à passer dans la chambre de _madame_. A l’époque de ces premiers refroidissements de l’atmosphère, c’était la seule pièce où il y eût du feu régulièrement. Cette pièce était tendue de bleu clair; le lit, les rideaux, un divan, étaient de la même couleur; un tapis blanc à rosaces bleues et noires couvrait le parquet. Un grand feu éclairait seul la chambre, lorsque la servante qui précédait Roger apporta deux bougies. Roger, en entrant, baisa la main de sa femme. Elle était nonchalamment étendue dans une bergère, et, longtemps encore après l’arrivée de son mari, on eût pu voir, au voile qui couvrait son front, à l’incertitude distraite de son regard, qu’elle s’était livrée complètement à la rêveuse influence qu’exerce la fin du jour, alors que les formes des objets s’effaçant peu à peu, l’imagination n’a plus rien à quoi elle puisse s’attacher et se cramponner sur la terre, et que, rompant ses entraves, elle s’élance au ciel et erre vagabonde dans les espaces imaginaires. Madame Roger était petite, svelte, blonde; ses yeux d’un bleu sombre étaient d’une grande beauté; mais ils avaient, ce soir-là, une vague et indéfinissable expression d’inquiétude et d’étonnement. --Vous avez bien fait d’arriver, Roger, dit-elle; l’ennui et la tristesse me gagnaient visiblement. On servit le dîner. --Je ne suppose pas, dit madame Roger, que ces côtelettes de mouton proviennent de votre chasse d’aujourd’hui; cependant je ne m’aperçois pas qu’on nous serve rien qui approche davantage du gibier. --Je n’ai rien tué, reprit Roger; ce vieil Anglais, notre voisin, qui depuis si longtemps me persécute pour m’emmener chasser avec lui, m’a fait passer la plus ennuyeuse journée. Il a deux chiens qu’il a dressés lui-même et dont il vante incessamment le mérite. Les deux maudites bêtes forcent l’arrêt d’une manière fabuleuse et font lever les perdreaux à une demi-portée de canon; vingt gardes ne conserveraient pas le gibier aussi bien que ces molosses mal élevés; le maître des chiens tirait imperturbablement des pièces invisibles à l’œil nu. Pour moi, je me suis contenté tout le jour de me promener, l’arme à volonté, en sifflant tous les airs que je sais, et aussi quelques-uns que je ne sais pas. Madame Roger parut peu sensible aux désappointements du chasseur; peut-être même ne comprenait-elle pas bien ce que c’était que de _forcer un arrêt_; quoi qu’il en soit, les deux époux ne tardèrent pas à s’isoler parfaitement l’un de l’autre, tout en restant chacun à un des coins de la même cheminée. Au bout d’une heure, Roger se leva, il trouva un bon feu dans sa chambre, alluma une pipe et fuma; puis il marcha, puis il ouvrit la fenêtre, puis il la referma. Tout à coup, il parut illuminé d’une idée subite. Il sortit de la chambre et s’occupa de rassembler une plume, du papier et de l’encre. Bérénice vint dire que madame écrivait elle-même, qu’elle disposerait volontiers de plumes et de papier pour monsieur, mais que, n’ayant qu’un encrier, elle le gardait et envoyait une bouteille d’encre dans laquelle il serait à monsieur tout loisible de puiser à discrétion; à quoi Bérénice ajouta de son propre mouvement: --Pourquoi monsieur n’a-t-il pas un encrier _comme tout le monde?_ Bérénice ici ne...

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Alphonse Karr, a journalist and satirist in 1830s Paris, gives us a tight, focused story that feels surprisingly modern in its tension.

The Story

A young woman, comfortable in her privileged life, receives an anonymous note. It gives her a single, simple instruction: be at the Palais-Royal gallery the next day at two o'clock. No signature, no explanation. The rest of the story lives in the hours between receiving the note and the fateful meeting time. We're right there with her as her mind races through every possibility—from a secret admirer to a terrible scandal—and as the slow tick of the clock stretches each minute into an eternity.

Why You Should Read It

What grabbed me was how familiar the central anxiety feels. Karr perfectly captures that human tendency to spiral when we're left in the dark. The real mystery isn't really about who sent the letter; it's about how one person's imagination can build and demolish a dozen futures in a single afternoon. It's a masterclass in psychological suspense, built on something as simple as a missed connection and the terror of the unknown.

Final Verdict

This is a perfect bite-sized read for a quiet evening. If you love stories that explore the weight of a single decision, or if you're a fan of historical fiction that focuses on inner life over grand events, you'll find a lot to love here. It's for the reader who appreciates the drama in everyday suspense and a narrative that trusts you to feel the character's worry without needing a villain or a chase scene.



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David Thompson
6 months ago

My professor recommended this, and I see why.

Elizabeth Jones
7 months ago

Finally found time to read this!

Sandra Taylor
10 months ago

Citation worthy content.

Donna Taylor
1 year ago

From the very first page, the author's voice is distinct and makes complex topics easy to digest. Exceeded all my expectations.

Edward Thomas
1 year ago

Perfect.

4.5
4.5 out of 5 (5 User reviews )

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